Publié le 23/02/2011 à 23:11
Une étude américaine établit un parallèle entre les épisodes d'hypoglycémies sévères et l'apparition d'une démence. Les patients atteints d'un diabète de type 2 seraient particulièrement exposés.
Une hypoglycémie correspond à une diminution du taux de glucose dans le sang. Insuffisance d'apport sucré dans l'organisme, quantité trop importante d'insuline dans le sang ou encore médicaments délivrés dans le cadre d'un traitement contre le diabète: les causes d'hypoglycémie sont diverses. Les symptômes, qui apparaissent de manière brutale, peuvent varier en intensité: état de fatigue, troubles de la vision et de l'équilibre, tremblements, problèmes de concentration, transpiration et palpitations cardiaques pouvant conduire à l'évanouissement.
Selon une étude scientifique américaine publiée il y a quelques semaines, l'hypoglycémie pourrait avoir une autre conséquence redoutable. D'après les chercheurs, les épisodes sévères, nécessitant une hospitalisation, constituent un facteur de risque de démence - et donc de maladie d'Alzheimer - chez les personnes âgées diabétiques de type 2. Pour aboutir à cette conclusion, l'étude s'est intéressée au cas de 16 667 patients diabétiques de type 2, âgés de 65 ans ou plus, ayant été hospitalisés entre 1980 et 2002. Résultat: 17% des personnes ayant connu au moins un épisode d'hypoglycémie sévère avaient développé, quelques années plus tard, une démence. Selon les auteurs de cette étude, les patients ayant été victimes de ce type de malaise présenteraient un risque de démence majoré de 26%. Un chiffre qui atteint 80% s'ils ont subi deux épisodes sévères, et 100% s'il en ont vécu trois.
Les chercheurs ne détaillent pas les mécanismes expliquant le lien entre démence et hypoglycémie. Mais certaines études ont déjà révélé que ces malaises altèrent les fonctions intellectuelles: ils peuvent provoquer la mort de certaines cellules du cerveau actives dans l'apprentissage et le processus de mémoire. Ils ralentissent également la circulation du sang dans plusieurs zones du cerveau.
Quoi qu'il en soit, les auteurs de l'étude préconisent une vigilance par rapport au contrôle du taux de glycémie dans le sang. Le médecin traitant devra veiller à ce que celui de son patient reste à un niveau adéquat, pour éviter les hypoglycémies.
Si l'impact des hypoglycémies sévères sur les risques de démence semble établi par cette étude de grande ampleur, les effets des formes les moins graves, qui sont aussi les plus répandues, restent inconnues. Pour l'heure, aucune recherche n'a permis d'indiquer qu'elles étaient susceptibles de favoriser l'apparition d'une démence de type Alzheimer.
Jonathan Barbier
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