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Sclérose en plaques


TÉMOIGNAGES

Des mesures essentielles pour le bien-être des patients SEP

Des mesures essentielles pour le bien-être des patients SEP

Dr Danny Decoo, neurologue, AZ Alma

Les plaintes associées à la sclérose en plaques diffèrent d’un patient à l’autre, raison pour laquelle il est important que cette maladie soit évaluée le plus précisément possible, tant au niveau cognitif que moteur.

Quelles sont les techniques permettant aujourd’hui de monitorer la SEP?

Dr Danny Decoo, neurologue, AZ Alma: «L’examen neurologique classique prime. Nous commençons souvent avec l’anamnèse, ce qui signifie que nous écoutons l’histoire du patient et de son entourage. Ces antécédents détaillés nous aident d’emblée à nous faire une idée plus claire. La deuxième étape consiste en un testing plus concret. Nous observons par exemple la vitesse de marche – la distance parcourue en 5 minutes – et la motricité fine de la main. En répétant ces tests tous les 6 à 12 mois, nous pouvons aisément repérer un éventuel déclin dans l’état du patient.»
«Au niveau cognitif, nous nous basons notamment sur le test SDMT (Symbol Digit Modalities Test), où les patients SEP doivent associer des numéros à des séries de formes géométriques dans un laps de temps limité. Ce test permet de détecter des troubles de la mémoire et/ou de la concentration. Nous couplons les résultats du SDMT à l’IRM qui, elle, nous permet de constater une éventuelle augmentation du nombre de lésions. Nous évitons autant que faire se peut de pratiquer une ponction lombaire car cet examen est très inconfortable pour le patient.»

De nouvelles techniques de mesure sont-elles aussi utilisées?

Dr Decoo: «Ces dernières années, on s’est de plus en plus focalisé dans les congrès sur la NFL (Neurofilament Light Chain). C’est un type de protéine qui se retrouve dans le liquide céphalorachidien et dans le plasma. Il peut arriver que le taux de NFL dans le liquide céphalorachidien augmente, notamment en cas de poussées sévères. Ce taux deviendra peut-être un paramètre d’évaluation régulier, mais comme cette protéine ne peut pas encore être détectée via une prise de sang, un testing fréquent n’est pour l’instant pas encore envisageable.»

Pourquoi ces mesures sont-elles aussi importantes?

Dr Decoo: «Ces mesures sont surtout importantes en début de maladie. Mesurer le plus petit déclin possible revêt une importance essentielle pour déterminer à court terme le traitement médical adéquat pour chaque patient. S’il apparaît après mesure que la maladie a un pronostic favorable, nous traitons avec des médicaments de première ligne. Mais quand nous diagnostiquons une forme active de SEP, nous passons plus vite à des médicaments plus puissants mais dont les effets secondaires sont aussi potentiellement plus importants.»
«Les mesures peuvent aussi donner au patient et à ses proches plus de "prise", par exemple dans le cas des problèmes cognitifs. Les membres de la famille ont souvent des difficultés à gérer la maladie, ils se demandent pourquoi leur partenaire ou parent a soudain tellement changé. Avec des mesures précises de l‘évolution de la maladie, nous pouvons mieux suivre tant le patient que son entourage.»

Les médicaments peuvent-ils infléchir la rechute? Ou ne servent-ils qu’à maintenir l’état actuel du patient?

Dr Decoo: «L’objectif primaire est l’arrêt des nouveaux processus d’inflammation. Mais avec les traitements les plus récents, nous constatons que l’état neurologique d’un certain nombre de patients s’améliore. C’est comme si, pour certains patients nous pouvions un peu remonter le temps. Mais, ici aussi, nous sommes encore actuellement très prudents.»

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