
Publié le 23/02/2011 à 23:08
Cela commence souvent par l'oubli d'un repas, puis par l'oubli de boire suffisamment et de manger durant la journée. Et cela se traduit au final par un état de dénutrition avancé, qui nécessite parfois l'hospitalisation.
Avec l’évolution de la maladie, le patient Alzheimer a progressivement de plus en plus de mal à reconnaître les aliments, à répondre à la faim et au besoin de manger et à s’alimenter seul. Il devient dès lors entièrement dépendant de l’aidant principal. Le grand danger à éviter est qu’il sombre dans la dénutrition si son alimentation n’est pas adaptée. En effet, la dénutrition a des conséquences redoutables: elle entraîne une baisse des défenses immunitaires, une diminution de la masse musculaire et osseuse, un état de fatigue permanent, des difficultés de déplacement. Par ailleurs, elle augmente fortement le risque d’infections, de chutes et d’escarres. De quoi noircir encore un peu plus le tableau…
La principale mission de l’aidant est de préserver le goût et l’appétit en relevant les préparations par une cuisine odorante et goûteuse (avec des herbes et des aromates, des marinades, par exemple) et en mettant les petits plats dans les grands! Si à chaque repas, il est nécessaire de retrouver les différentes familles alimentaires, la priorité va à la consommation d’aliments riches en protéines, indispensables pour éviter la fonte musculaire. On les retrouve en abondance dans la viande, le poisson, les ?ufs, les produits laitiers, les légumineuses et les produits céréaliers. Si le patient Alzheimer refuse la viande ou le poisson, il faut alors enrichir son alimentation avec des ?ufs (?uf à la coque, omelette), du fromage, du lait concentré, des laitages (crèmes, yaourts, flans…) ou des compléments nutritionnels disponibles en pharmacie (berlingots à boire, préparations mixées, barres de l’effort, etc.). Fractionner les quantités, proposer des textures modifiées et prévoir plusieurs collations dans la journée peut aussi transformer le rejet en acceptation, notamment en cas de problèmes dentaires ou de perte d’appétit. Les boissons sont autant à surveiller, car le risque de déshydratation est élevé et exacerbe les troubles neurologiques.
Peser le patient Alzheimer est un autre réflexe à cultiver: toute perte de poids de plus de 2 kilos traduit une dénutrition possible et il faut penser à corriger le tir. Il peut être alors utile - ou urgent selon les cas - de faire appel aux services professionnels qui pourront vous accompagner et vous fournir nombre de conseils.
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