
Publié le 02/12/2021 à 17:19
Alors que la 4e vague de Covid-19 poursuit sa progression, la question se pose: pourquoi la vaccination n’a-t-elle pas permis d’empêcher cette reprise de l’épidémie. Éléments de réponse avec Sophie Lucas, immunologiste, Présidente de l’Institut de Duve de l’UCLouvain.
Comment expliquer que la situation se dégrade à nouveau malgré le grand nombre de personnes vaccinées? «On observe aujourd’hui que les taux d’anticorps produits suite à la vaccination initiale diminuent au fil du temps», explique Sophie Lucas, immunologiste, Présidente de l’Institut de Duve de l’UCLouvain. «D’où l’intérêt de cette troisième dose qui va rebooster l’immunité contre le virus, et lui permettre d’être beaucoup plus efficace à nouveau contre une potentielle infection par le SARS-CoV 2. Cette troisième dose va simplement augmenter la qualité et la durée de l’immunité induite par les deux premières doses et ce, très rapidement. C’est ce dont on a besoin maintenant. Mais la situation sanitaire observée aujourd’hui n’est pas seulement liée à cette diminution de l’immunité au fil du temps. Elle est liée à une combinaison de facteurs, comprenant aussi la fraction non-négligeable des personnes non-vaccinées dans la population, et la capacité du variant delta à être beaucoup plus contagieux que ses prédécesseurs.»
Variant omicron: faut-il mettre à jour les vaccins contre la Covid-19?Quand sera-t-il temps de considérer une nouvelle version des vaccins? « Les mutations sont surveillées en continu, comme pour la grippe», répond la chercheuse. «Beaucoup l’ignorent mais le vaccin contre la grippe représente chaque année un énorme travail impliquant plus de 200 laboratoires dans le monde pour analyser les mutations et l’efficacité du vaccin contre le virus Influenza. Ce vaccin est adapté chaque année. Ce sera pareil pour le SARS-CoV 2, ses variants et l’efficacité des vaccins contre ceux-ci, qui sont sous la loupe de nombreux expert.e.s de par le monde. C’est d’ailleurs grâce à cette surveillance que le variant omicron vient d’être découvert. Lorsque l’immunité et les anticorps générés par les vaccins et leur booster actuels ne seront plus suffisants pour combattre les variants en circulation, il sera temps d’adapter les vaccins. Il est possible qu’on observe cela pour omicron, mais on ne le sait pas aujourd’hui et il faudra encore du temps pour le déterminer. L’idéal serait évidemment de pouvoir mettre au point un vaccin permettant d’éduquer notre système immunitaire contre une partie stable et commune à tous les variants du SARS-CoV 2. Un vaccin universel.»
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