Les données montrent que les femmes adultes sont environ trois fois plus susceptibles que les hommes de souffrir de migraine, et que leurs crises durent presque deux fois plus longtemps. En tenant compte de la fréquence et de la durée, une vaste analyse mondiale publiée en 2025 (Barbanti P, Nappi R.E.: «Framing and Management of Migraines in Women») conclut que la migraine représente un «fardeau deux fois plus important» pour les femmes.
Les experts Piero Barbanti et Rossella E. Nappi, à la base de l'analyse, résument ainsi la situation: «Les femmes présentent des crises plus fréquentes, plus sévères et plus longues que les hommes, ce qui contribue à une charge de maladie plus importante.» Par «charge de maladie», on entend non seulement le nombre de crises, mais aussi leur durée, leur intensité et leur impact sur la vie quotidienne: impossibilité de travailler ou de se concentrer, perturbations du sommeil, activités familiales ou sociales annulées. Entre 35 et 45 ans, période où s'additionnent souvent responsabilités professionnelles et familiales, ces crises répétées peuvent peser particulièrement lourd. Cette charge est d'autant plus marquée que, chez de nombreuses femmes, les migraines reviennent à des moments clés du cycle menstruel et peuvent être plus difficiles à contrôler.
La migraine ne se limite pas à une forte céphalée. Une crise peut vous empêcher de travailler, de conduire ou même de supporter la lumière et le bruit. Outre la douleur, des symptômes comme les nausées et vomissements, la photophobie (sensibilité à la lumière) et la phonophobie (sensibilité au bruit), l'hypersensibilité aux odeurs et une grande fatigue peuvent se montrer particulièrement invalidants. Les chercheurs rappellent aussi qu'environ 20% des migraines pourraient être évitées si les médicaments de crise étaient utilisés correctement, car leur surconsommation peut elle-même déclencher des céphalées chroniques. Identifier avec votre médecin le bon équilibre entre traitements de fond, traitements de crise et mesures non médicamenteuses est donc un élément important de la prise en charge.
Avant 10 ans, la fréquence des migraines est comparable chez les garçons et les filles, mais elle augmente nettement chez les femmes après la puberté, parallèlement à l'installation des cycles ovulatoires. La théorie classique de la «chute d'œstrogènes» en fin de cycle, impliquée notamment dans les migraines dites cataméniales, reste une piste importante, même si elle ne suffit pas à expliquer toutes les formes de migraine. Parmi les autres facteurs déclenchants figurent la prédisposition génétique, une mauvaise alimentation, le manque de sommeil, le stress et certains stimuli sensoriels. L'enjeu, pour vous et votre médecin, est d'identifier vos propres déclencheurs afin de mieux prévenir les crises et, le cas échéant, d'adapter le traitement à votre parcours hormonal (cycle, grossesse, périménopause, ménopause).
La migraine chez la femme a longtemps été sous-estimée et psychologisée, alimentant l'idée d'un cerveau féminin «fragile». Ce biais historique a retardé la recherche sur les mécanismes hormonaux et sur l'impact réel des crises au moment où les femmes cumulent charge familiale et vie professionnelle. Les auteurs Piero Barbanti et Rossella E. Nappi plaident pour davantage d'études centrées sur les femmes, à chaque étape de la vie, afin de mieux comprendre les voies biologiques impliquées et d'ouvrir la voie à des approches thérapeutiques plus ciblées et plus équitables.
Source: Barbanti P, Nappi R.E.: «Framing and Management of Migraines in Women». Healthcare. 2025;13(1):164. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11765488/ Meta-analyse internationale de plus de 41 000 personnes dans 18 pays, sur la charge plus importante de la migraine chez les femmes.
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