La migraine est la céphalée primaire la plus fréquente et la plus étudiée. Selon la classification internationale ICHD-3, elle se divise en deux grandes formes: migraine sans aura (70-80% des cas) et migraine avec aura (20-30%). Ces deux formes partagent les mêmes mécanismes neurologiques mais diffèrent par la présence ou non de signes précédant la douleur.
Cette migraine se manifeste par des crises de douleur modérée à sévère, pulsatile, souvent d’un seul côté de la tête (front, tempes, œil), aggravée par l’effort physique. Elle dure de 4 à 72 heures et s’accompagne toujours de nausées ou d’une sensibilité à la lumière et au bruit. Vous devez vous allonger dans le noir pour atténuer la douleur. Cette forme touche principalement les femmes (3 fois plus que les hommes) entre 20 et 40 ans, avec souvent des antécédents familiaux.
Chez une personne sur cinq, la crise est précédée d’une aura qui dure moins d’une heure. Vous voyez des scintillements, des lignes en zigzag ou des taches aveugles qui traversent votre champ visuel. Parfois, des fourmillements progressent d’une main vers le bras et le visage, ou vous avez du mal à trouver vos mots. L’aura disparaît avant ou pendant la phase douloureuse. Certaines formes rares existent: migraine basilaire (vertiges), hémiplegique (faiblesse musculaire), ophtalmoplegique (paralysie oculaire).
Lorsque les crises surviennent au moins 15 jours par mois pendant plus de trois mois, on parle de migraine chronique. Cette évolution touche 2-3% des migraineux et justifie souvent un traitement préventif comme le propranolol, prescrit et surveillé par un médecin.
Sources:
L’algie vasculaire de la face, ou céphalée en grappe, est considérée comme l’une des douleurs les plus intenses qui soient. Beaucoup moins fréquente que la migraine, elle touche principalement les hommes (6 fois plus que les femmes) entre 20 et 50 ans. Les crises surviennent par «grappes» de plusieurs semaines ou mois, plusieurs fois par jour.
La douleur est unilatérale, très intense, centrée autour de l’œil ou de la tempe, décrite comme «brûlante» ou «perçante». Chaque crise dure de 15 à 180 minutes. Vous ressentez un besoin irrépressible de bouger, contrairement à la migraine où vous préférez l’immobilité. Les crises reviennent plusieurs fois par jour (jusqu’à 8), souvent à heures fixes, même la nuit, vous réveillant brutalement.
Du même côté que la douleur, vous observez une rougeur et un larmoiement de l’œil, un nez qui coule ou se bouche, une chute de la paupière (ptosis), une pupille rétrécie et des sueurs du front. Ces signes autonomes disparaissent entre les crises. Fumeurs et buveurs de bière sont particulièrement à risque.
La forme épisodique (90% des cas) survient par périodes de 1 à 3 mois, séparées par des rémissions de plusieurs mois. La forme chronique ne connaît pas de répit pendant plus d’un mois par an. Le traitement nécessite souvent une prise en charge spécialisée en neurologie.
Sources:
Les céphalées de tension sont les maux de tête les plus fréquents: 70% de la population en fait l’expérience au moins une fois dans sa vie. Contrairement à la migraine, elles ne vous empêchent pas de continuer vos activités, mais elles rendent la journée inconfortable et diminuent votre concentration.
Vous ressentez une pression bilatérale autour de la tête, comme un casque trop serré ou un étau qui comprime votre front, vos tempes ou l’occiput. Cette douleur reste constante, sans pulsation, d’intensité légère à modérée. Elle peut durer de 30 minutes à 7 jours et irradier parfois vers la nuque ou les épaules. Vous n’avez ni nausées violentes ni sensibilité extrême à la lumière.
La forme épisodique fréquente survient moins de 15 jours par mois: elle répond généralement au repos et au paracétamol. La forme chronique (plus de 15 jours/mois pendant plus de 3 mois) impacte sérieusement votre qualité de vie et nécessite un bilan médical pour exclure une cause secondaire et envisager des traitements préventifs. Les femmes sont plus touchées après 40 ans.
Le stress émotionnel, la fatigue visuelle prolongée (écrans), les postures maintenues, le manque de sommeil, la déshydratation et le jeûne sont les principaux déclencheurs des céphalées de tension. Une hypersensibilité musculaire (temples, trapèzes, nuque) est souvent palpable.
Sources:
Les céphalées secondaires ne sont pas des maladies en soi: elles signalent une autre affection sous-jacente. Représentant 10% des maux de tête, elles vont de la sinusite bénigne à des urgences comme l’hémorragie cérébrale. Seul un médecin peut en identifier la cause.
Une sinusite aiguë provoque une douleur faciale unilatérale, aggravée en se penchant en avant, souvent avec écoulement nasal et fièvre. La grippe ou toute infection fébrile s’accompagne de maux de tête diffus. Une méningite associe céphalée intense, fièvre et raideur de nuque: c'est une urgence vitale.
Un traumatisme crânien même léger peut provoquer une céphalée post-commotionnelle prolongée. L’hypertension artérielle sévère (>180/110 mmHg) ou une hémorragie cérébrale donnent une douleur brutale «en coup de tonnerre». Une thrombose veineuse cérébrale survient souvent chez la femme jeune sous pilule ou enceinte.
Glaucome aigu (douleur oculaire intense, vision floue), tumeur cérébrale (céphalée progressive, matinale), abus médicamenteux («céphalée par surconsommation», plus de 15 jours/mois d’antalgiques), sevrage (alcool, caféine). Chez l’enfant, une fontanelle bombée; chez le sujet âgé, toute céphalée nouvelle justifie un examen.
Sources:
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